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Traduction neuronale, traduction à base d' intelligence artificielle

Le point sur les systèmes de traduction neuronale

Que ce soit pour IBM, Systran ou Google, 2016 aura été marqué par des efforts considérables pour améliorer la faible qualité des outils de traduction à base de règles ou à base de statistiques. C'est ce qu'on appelle le neuronal chez les uns, le "cognitive" chez IBM, ou tout simplement l'intelligence artificielle chez les autres. Voie passionnante sur le plan théorique, mais qui existe depuis des décennies, elle tente de relever le défi suivant : pourquoi la puissance de calcul est-elle capable de battre les champions d'échecs depuis 1997, des champions du jeu de go depuis 2006 seulement, mais en étant incapable de traduire correctement ce que des milliards d'êtres humains maîtrisent naturellement : leur langue ?

Bombe ou pétard mouillé ?

La traduction à base d'intelligence artificielle présente quelques contraintes :

- Ticket d'entrée à 1 million de mots

- 3 mois d'apprentissage

- Moins performante en traduction technique que la traduction automatique basée sur des règles

- Phrases limitées à 80 mots

- La récursivité entraîne la dégradation de la qualité de la traduction à partir d'un certain point.

L'exemple que nous donnons ci-dessous, est tiré d'un outil public de traduction à base d'IA, sans apprentissage ni spécialisation.

Texte français traduit en anglais par un traducteur professionnel qualifié et expérimenté

"If wishes were horses, beggars would ride". I don't really like this proverb. It's a way of losing hope in possibility. The "if" specifically represents the unexpected part, the unimaginable, the madness that enables you to become bigger than yourself. It is by looking at things from a different perspective and surpassing yourself that you transform a life into destiny. If Winston Churchill had listened to the sirens of despair, he would never have led Great Britain to victory. If Orson Welles had believed that talent had to wait to develop, he would not have made "Citizen Kane" at the age of 26. If Mohammed Ali had thought that superior strength was the only rule, he would not have beaten George Foreman in Kinshasa. If the Beatles had resigned themselves to being dockers, they would never have left Liverpool. If Barack Obama had been convinced that a black man could not be the US President, he would not have been elected twice. I think that beggars can become knights and kings. "We can be heroes, just for one day". And forever.

By Marc Lambron from the Académie Française

Texte traduit par Systran Pure Neural (Systran)

«Si les désirs étaient des chevaux, des mendiants ride». Je n'aime pas vraiment ce proverbe. C'est une façon de perdre espoir dans la possibilité. Le «si» représente spécifiquement la partie inattendue, l'inimaginable, la folie qui vous permet de devenir plus grande que vous. C'est en regardant les choses d'une perspective différente et en vous surpassing de transformer une vie en destinée. Si Winston Churchill avait écouté les sirènes du désespoir, il n'aurait jamais mené la Grande-Bretagne à la victoire. Si Orson Welles avait cru que le talent devait attendre de se développer, il n'aurait pas fait «Citoyenne Kane» à l'âge de 26 ans. Si Mohammed Ali avait pensé que la force supérieure était la seule règle, il n'aurait pas battu George Contremaître à Kinshasa. Si les Beatles avaient renoncé à être des dockers, ils n'auraient jamais quitté Liverpool. Si Barack Obama avait été convaincu qu'un homme noir ne pouvait être le président américain, il n'aurait pas été élu deux fois. Je pense que les mendiants peuvent devenir des chevaliers et des rois. «Nous pouvons être des héros, juste un jour». Et pour toujours.

Par Marc Lambron de l'Académie Française

 

Texte français original

     « Avec des si, on mettrait Paris en bouteille ». Je n’aime guère ce dicton. C’est une façon de désespérer du possible. Alors que le « si » représente précisément la part d’imprévu, d’inimaginable, de folie qui permet de devenir plus grand que soi. C’est en se décentrant, en se dépassant que l’on transforme une vie en destin. Si Winston Churchill avait écouté les sirènes du désespoir, il n’aurait jamais conduit la Grande-Bretagne à la victoire. Si Orson Welles avait cru que le talent doit attendre pour mûrir, il n’aurait pas réalisé « Citizen Kane » à l’âge de vingt-six ans. Si Mohammed Ali avait pensé que la force supérieure est la seule loi, il n’aurait pas battu George Foreman à Kinshasa. Si les Beatles s’étaient résignés au métier de docker, ils n’auraient jamais quitté Liverpool. Si Barack Obama s’était convaincu que la présidence des USA n’est pas faite pour un Noir, il n’aurait pas été élu deux fois. Je pense que les mendiants peuvent devenir des cavaliers et des rois. « We can be heroes, just for one day ». And forever.

Marc Lambron.

 

Comme on le voit, la menace que fait peser cette approche de la traduction à base d'outils informatiques sur le très petit monde de la traduction n'est pas de nature à nous inquiéter, et cela pour plusieurs raisons :

- Les applications existent, et ce depuis longtemps, notamment en matière de renseignement et de "data mining"

- Cela fonctionne de manière acceptable pour de très gros volumes (on parle du million de mots)

- Cela nécessite un temps d'apprentissage et de spécialisation assez lond (11 semaines de temps machine, à base de cacluls vectoriels nécessitant des serveurs surpuissants et très peu économes en énergie électrique)

- Les informaticiens ne font pas bien la différence entre linguiste, linguisticien, terminologue, traducteur. Ce qui les conduit à considérer comme acceptables ou "correctes" des formulations qui ne le sont pas toujours dans le monde réel.

- Dans certains contextes, des approximations sont tout à fait tolérables, on pense ici aux sites de commentaires ou d'avis traduits en plusieurs langues, de communication interne des plus grandes entreprises mondiales.

- Si tant est que la traduction neuronale progresse encore significativement, cela ne peut qu'étendre le marché de la traduction. Ce n'est pas parce qu'il y a des robots qui opèrent que les chirurgiens vont disparaître. Il en va de même pour les traducteurs.

- La traduction automatique à base de règles a vite trouvé ses limites. La génération suivante, à base de statistiques et de "big data" n'a guère fait mieux. La traduction neuronale (qui utilise ces deux méthodes en prétraitement, en quelque sorte) promet le Graal à son tour.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

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