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La traduction, une belle inconnue

La traduction, une belle inconnue

 

La traduction, tout le monde sait vaguement ce que c’est. Mais comme pour toutes les spécialités, savoir vaguement, c’est tout ignorer ou presque.

La traduction, la langue du XXIème siècle

Et pourtant, la traduction est la langue de notre monde. Comme il y a 5000 ans, la traduction est le vecteur des échanges économiques, culturels et politiques. Ce qui a changé, c’est la très forte croissance des échanges commerciax des dernières décennies qui a donc renforcé le rôle omniprésent de la traduction. Omniprésent mais invisible.

 

Un curieux métier

Ayant commencé dans ce métier comme traducteur il y a une quinzaine d’années, lorsque je parlais de mon activité à des inconnus, les questions les plus fréquentes étaient : « ah oui, vous traduisez donc des livres ? », quand ce n’était pas : « ah bon, vous traduisez des notices d’emploi alors ? ».

Certes le livre le plus lu au monde est une traduction (La Bible, 4 milliards d’exemplaires vendus), mais la traduction littéraire ne représente qu’à peine 10% du marché français de la traduction. Et pour ce qui est des notices d’emploi, elles représentent un volume ridiculement insignifiant et de plus elles sont rarement traduites par des professionnels. Au passage, je peux même vous expliquer pourquoi.

La traduction : notice d’emploi

Ce métier si important dans la relation commerciale, si important politiquement, et qui est même à la source de notre civilisation européenne (sans traducteurs, pas de Renaissance) a pris la mauvaise habitude d’une tarification au mot au lieu d’une tarification en fonction du temps passé et de la compétence.

Avec une tarification au mot, une notice d’emploi est l’équivalent d’une course de taxi de 100 mètres. Seuls accepteront les traducteurs amateurs (et donc hélas, archi-mauvais, mais vous n’en saurez rien, la plupart du temps).

Ou bien la tentation est grande de supposer que Glandu, votre brillant chef produit qui a passé deux ans aux US, est « parfaitement bilingue » et que par conséquent il peut bien traduire lui-même cette notice d’emploi : il n’y a pas grand-chose à traduire, c’est assez simple et de plus il connaît le vocabulaire technique. Voici pourquoi, en gros, vos notices d’emploi (lorsque vous n’êtes pas livré à une série de schémas incompréhensibles) ont l’air d’avoir été traduites dans le seul but de décourager le client et de lui fournir une expérience négative qui le marque. J’imagine que les acheteurs de meubles en kit me comprendront.

Bien entendu, il y a des Glandus qui feront une traduction honorable et des traducteurs respectables qui traduisent convenablement des notices d’emploi.

Mais comme vous le savez (au moins pour ce qui est des notices d’emploi, si vous avez déjà eu l’occasion de monter un meuble en kit), ce n’est pas le cas le plus fréquent. Et c’est peut-être ce qui explique l’image un peu amateur de la traduction auprès du grand public.

Un petit marché en croissance

Le marché de la traduction en France concerne au premier chef les organisations qui sont en relation avec des pays et des marchés non francophones. Nous parlons quand même ici de 96.4% des habitants de la planète qui nous entourent. Et sans surprise, la croissance du marché suit l’évolution de la croissance des échanges commerciaux dans le monde. Cela reste cependant un petit marché (500 millions d’euros, selon les études optimistes).

Les outils de traduction automatique sont presque aussi vieux que l’informatique et nous annoncent depuis des dizaines d’années la fin des traducteurs. Mais à l’épreuve des résultats, la technologie a autant de mal à égaler la qualité de la traduction humaine qu’un capteur à saisir le spectre lumineux d’une banale paire d’yeux. Comme n’importe quel autre domaine, le traducteur utilise bien évidemment des outils informatiques, mais c’est lui qui traduit, tout comme Excel ne fait pas le travail de votre comptable.

L’annonce récurrente de la mort du métier de traducteur reste donc largement prématurée.

Qui a besoin de traduction ?

Toutes les entreprises ayant un lien hors de France ont des besoins de traduction. Vous avez un site web en français et vous êtes présents hors de la zone d’influence francophone ? Vous avez un problème : toute entreprise qui vend à des clients non francophones doit traduire son site web, sa documentation technique et commerciale, ses contrats, ses présentations. Toutes ne le font pas, tandis que d’autres le font a minima. Mais il y a aussi les organisations non gouvernementales ou transnationales, qui ont en général une pratique plus ancienne et plus ancrée de la traduction et pour qui ce n’est pas un coût inutile mais une des conditions de leur existence, et enfin les particuliers qui ont des besoins de traduction assermentée (validation de diplôme, dossier de naturalisation, d’adoption, de frais médicaux, d’assurance, jugements, etc.). Bref, l’activité de traduction s’exerce partout sans qu’on n’en parle nulle part.

 

Trop forts, ces français !

Lorsque je dis que toute entreprise doit traduire, je m’appuie sur quelques observations simples.

Le marché de la traduction par habitant en Italie est près de deux fois celui de la France. Le volume des exportations rapporté au PIB par habitant est près de deux fois celui de la France. Quelle coïncidence !

Ou exprimé autrement : « If I am selling to you, I speak your language. If I am buying, dann müssen Sie Deutsch sprechen. »

Willy Brandt, ancien Chancelier de la RFA

C’est donc sans trop d’ironie que l’on peut dire « trop forts ces français », car dans la vente à l’export, où l’on ne brille pas particulièrement (je parle de l’image globale que nous dégageons à l’étranger) ni par la qualité, ni par les prix, ni par les délais, ni par l’après-vente, si en plus vous vous contentez d’une plaquette en anglais sous prétexte que vos interlocuteurs parlent anglais avec vous, c’est un miracle que l’on arrive à vendre autre chose que des armes et du luxe. Il est vrai que dans ces deux industries, on ne lésine pas sur la traduction. Encore une coïncidence !

Nous étions les meilleurs : Le Rafale a été lancé en 1986. Pas une seule commande à l’étranger en 28 ans ! En 2014, le constructeur investit 6 millions € pour gérer les 36 000 pages de la documentation technique et de sa ou ses traductions. En 2015, après 29 années de tentatives infructueuses, le premier contrat, puis un deuxième.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette belle inconnue qu’est la traduction gagne à être connue.

 

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